Les 50 ans de la Chorale du Beynert-Jean Bruyère (Arlon)
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Une belle histoire de succession de chefs talentueux

Le Fondateur de la Chorale du Beynert
Fondée par Jean Bruyère, en 1976 à Freylange, au cœur du Pays d’Arlon, la chorale fut baptisée du nom d’une forêt (le Beynert) toute proche de son berceau. Son fondateur était une personnalité locale, dotée d’un grand charisme, professeur et artiste complet : musicien, peintre, sculpteur. Dès sa naissance, la chorale avait adhéré à la fédération chorale « À Cœur Joie ». Elle se produisait principalement dans sa région d’origine.
Le chef fondateur décéda en 1984, mais il avait eu la sagesse de veiller à sa succession et de confier dès 1983, le flambeau à une toute jeune fille de 15 ans, promise à un brillant avenir : Hélène Bernardy. Elle entreprit en même temps sa formation musicale et celle de chef de chœur. Sous sa baguette, la chorale commença par décrocher le premier prix au concours international de chorales à Jodoigne. Elle multiplia ensuite les prestations tant en Belgique qu’à l’étranger : Allemagne, France, Tchéquie et s’ouvrit aux répertoires des musiques russes, allemandes, italiennes, anglaises… Destinée à une carrière de chanteuse d’opéra, devenue membre permanent de l’Opéra de Chemnitz (D), elle passa le relais elle aussi, à une toute jeune choriste du Beynert.
À partir de 1997, Séverine Delforge, âgée de 17 ans, dirigea donc la chorale, tout en menant ses études supérieures de chant et de musicologie. Elle fit aussi profiter les choristes de ses formations continues de chef de chœur en France et en Allemagne ainsi que de ses participations comme choriste et soliste dans des ensembles internationaux prestigieux. En 2002, elle emmena le Beynert dans deux concerts mémorables. Ce fut d’abord « Chante Wallonie », fresque sur des chants traditionnels et populaires wallons, de Bernard Lallement, donnée à Libramont, Namur, Charleroi, Louvain-la-Neuve. Ce fut ensuite « Musiques d’Amérique », présenté à Arlon, à l’occasion du 50ème anniversaire du Rotary local, concert gravé sur disque, puis repris plus tard au festival de la vallée de l’Attert et dans d’autres localités belges et grand-ducales.
En 2005, admise à la Royal Academy of Music de Londres, Séverine céda à son tour la direction de la chorale à Geoffrey Degives, lui aussi un jeune chanteur prometteur, ténor lyrique-léger. Doué d’humour et de fantaisie, il affectionnait le répertoire d’Offenbach et les opéras bouffe italiens. Dans des rôles souvent comiques, il se produisait déjà sur des scènes internationales. Dans cet esprit, il entraîna la chorale notamment dans des cycles de concert « Rossini ». Un d’entre eux, intitulé « Rêveries printanières », alliant aux œuvres des compositeurs italiens quelques grands noms du répertoire romantique allemand et français, fut proposé en avril-mai 2009, dans quatre localités.
Mais l’histoire se répète. Fin 2009, après un premier prix obtenu à Bruxelles, Geoffrey partit à Amsterdam compléter sa formation professionnelle. Il fut remplacé par François Levaque à la direction de la chorale, qui entretemps avait pris le nom de Chorale du Beynert-Jean Bruyère. Ce nouveau chef expérimenté, excellent pédagogue, diplômé de l’IMEP, était devenu professeur à l’Académie de musique d’Arlon. Sous sa direction, la chorale développa un répertoire classique et contemporain, avec une certaine prédilection pour le chant baroque. Comme en témoignèrent, en 2018 et 2019, les concerts, avec orchestre, qui célébrèrent entre autres, le fameux « Gloria » de Vivaldi. Des messes de compositeurs du XXème siècle furent également au programme comme la Missa Criolla, en 2014 et la messe solennelle de Louis Vierne, en 2010 et 2023.
Une fois de plus, en 2024, il fallut changer de chef, car François avait été nommé directeur de l’Académie de musique d’Arlon. Après un bref intermède de son fils Mérylien, la direction du Beynert revint à Alain Bajot, enseignant à l’école de musique de Bascharage (GD) et pianiste-répétiteur, notamment du Chœur de Chambre de Namur et du Chœur de Chambre de la province de Luxembourg Appassionato. Excellent harmonisateur, compositeur à ses heures, il débutait cependant comme chef de chœur, mais il emporta aussitôt l’adhésion tant des choristes que du public. Un arrêt temporaire pour raisons de santé fut heureusement compensé par sa compagne, Marie-Béatrice Nickers, cheffe de chœur réputée. Elle assuma le remplacement en faisant montre d’un sens inné de la pédagogie et d’une aptitude remarquable au coaching vocal.
La chorale du Beynert-Jean Bruyère, après 50 ans d’existence, apparaît comme un édifice solide, enrichi et embelli grâce à l’apport d’originalité, d’expérience et de talent des divers chefs qui se sont succédé à sa direction. Les choristes ont constitué, malgré les vicissitudes habituelles du temps, un bloc homogène de 30 à 40 chanteurs. En moyenne, 5 concerts publics furent organisés annuellement à Arlon et dans bien d’autres localités belges et étrangères. Depuis qu’ils existent, la chorale fut toujours partie prenante dans les jumelages d’Arlon avec Saint-Dié (F), Alba (I) et Bitburg (D).
Il ne faudrait pas oublier que si l’édifice tient bon 50 ans après sa création, il le doit aussi aux membres qui se sont succédé à sa présidence durant tout ce temps. Ils ont en quelque sorte gardé les clefs de la maison, entrepris les sauvegardes nécessaires, veillé à sa valeur et à sa promotion. Ce sont, par ordre chronologique : Léon Maus (+), Victor Hesse, Jo Bernardy (+), André Ensch (+), Geneviève Magnette, Guy Armand. Comme les chefs de chœur, qu’ils soient eux aussi vivement remerciés !
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